Translate

La Fête de CHAVOUOT et LES BNEI NOA'H


A Chavouot, on fête le Don de la Torah au Mont Sinaï. Mais on remarquera que la date de ce Don n’est pas mentionnée, dans le Texte biblique. Ceci, pour signifier, comme les Maîtres d’Israël l’enseignent, que la Torah est hors du temps : il faut la recevoir chaque jour, comme si Dieu venait de la donner.

 

Le peuple juif célèbre cette Fête le 6 du mois de Sivan (fin mai ou début juin), à la fin des sept semaines du Compte du Omer (Compte qui a commencé à Pessa’h, comme nous l’avons expliqué, ci-dessus). C’est pourquoi cette Fête est appelée « Chavouot » qui, en hébreu, signifie « semaines ».

 

On remarquera aussi que, dans le Texte de la Torah, il est seulement parlé des sept semaines qui précèdent, soit quarante-neuf jours. Mais le cinquantième jour n’est pas mentionné, ce qui a une signification extrêmement profonde : ce jour n’est pas décompté, car il est hors du temps.

 

Dans la Torah, cette Fête est mentionnée sous les noms de « Jour des premiers fruits » (Yom HaBikourim) et « Fête de la moisson » (‘Hag HaKatsir). En effet, on apportait au Temple les premiers et les meilleurs fruits nouveaux des sept espèces (blé, orge, raisin, figue, grenade, olive et datte), pour remercier Dieu de l’abondance qu’Il donnait. C'était l'époque de la récolte du blé, et l’on devait aussi apporter, en offrande au Temple, deux pains de farine de blé.

 

Chavouot est la seconde des Trois Fêtes de Pèlerinage (les Chaloch Régalim), les deux autres étant Pessa'h et Souccot. Mais, contrairement aux deux autres Fêtes qui comportent des Mitsvot (Commandements) particulières, Chavouot n'en a aucune. Car c’est la Torah toute entière qui fut donnée, et elle comprend toutes les Mitsvot.

 

Moïse dit au peuple : « Ces paroles, l'Éternel les adressa à toute votre assemblée sur la montagne, du milieu des feux, des nuées et de la brume, d'une voix puissante, sans y rien ajouter ; puis Il les écrivit sur deux tables de pierre, qu'Il me remit. » (Devarim, Deutéronome 5.19) 

 

Les Maîtres d’Israël donnent plusieurs interprétations de ce verset. L’une d’elles est que « chaque parole qui sortait de la bouche de Dieu fut prononcée en soixante-dix langues » (Talmud-Traité Chabbat 88b), ce que Rabbi Yo’hanan explique : « La voix s'est divisée en soixante-dix voix qui sont les soixante-dix langues de base dans le monde ; ainsi, chaque nation pouvait entendre la voix dans sa propre langue » (Midrach Raba sur Chemot 85.19).

 

Une autre interprétation est que la Voix ne cessa pas et que, depuis, tous les prophètes, par leurs prophéties, et les Maîtres d’Israël, par leurs enseignements, ont prolongé, pendant ces millénaires, la Voix divine. Car tout ce qu’ils ont dit était déjà inclus dans les Dix Paroles du Sinaï, ce qui souligne, à la fois, l’éternité de la Torah et son universalité.

 

Le mot « Torah » signifie, en hébreu, « Enseignement ». Et les commentaires des Maîtres d’Israël mettent en évidence qu’au Sinaï, un Enseignement universel a été donné par Dieu.

 

Il est même précisé (Midrach Mé'hilta 20) que « la Torah fut donnée dans un lieu qui n'appartenait à personne car, si elle avait été donnée sur la Terre d'Israël, les nations du monde auraient dit qu’elles n’y avaient aucune part. Cependant, la Torah fut donnée dans le désert, et tous ceux et celles qui espèrent la recevoir devraient venir et l'accepter. »

 

Comme nous l’avons dit plus haut, Dieu a aussi donné un enseignant, le peuple juif, qu’Il a désigné comme « Lumière pour les Nations ». Israël est, ainsi, chargé d’instruire l’Humanité, quant aux Commandements qui la concernent.

 

On remarquera les dix Commandements donnés au Sinaï incluent les 613 Mitsvot du peuple juif. Or, ces Commandements comportent, au total, 620 lettres, et non 613. La raison en est que les dix Commandements incluent, non seulement les 613 Mitsvot, mais aussi les 7 Lois données à l’Humanité. On voit, ainsi, d’une façon remarquable, que les Nations sont intimement liées à Israël, dans le Don de la Torah.

 

De plus, n’est-il pas extraordinaire que 620 soit la valeur numérique du mot « kétèr », couronne ? Car Dieu veut être couronné Roi sur Israël et les Nations, ensemble. Toute l’Humanité est nécessaire : le respect des 7 Lois Noa’hides, comme l’obéissance des Juifs aux 613 Mitsvot. C’est ainsi que « Dieu sera Roi sur toute la terre. Il sera Un et Son Nom sera Un », comme annoncé par le prophète Zacharie (chapitre 14 verset 9).

 

Les Bnei Noa’h sont l’Humanité de la Délivrance et, ensemble, Israël et les Noa’hides, nous faisons avancer l’histoire vers la Délivrance annoncée par les Textes, et que nous attendons.

 

Concernant Chavouot, ajoutons que, d’après le Sefer Hatodaa, page 301, le roi David est né, et a aussi quitté ce monde, le jour de Chavouot, Fête du Don de la Torah. Or, David a composé le Livre des Téhilim (Psaumes) qui comprend cinq parties. Et le Midrach Cho’her Tov enseigne que « David a écrit cinq livres de Téhilim qui font pendant aux cinq Livres de la Torah. » David a, d’ailleurs, demandé à Hachem que le mérite de la lecture des Téhilim soit équivalent à celui de l’étude de la Torah. Le roi David est, donc, lié intimement à ce jour, à différents égards.

 

On remarquera, d’ailleurs, que toute personne de l’Humanité se retrouve dans les mots du roi David. Tous les sentiments que peut ressentir un homme dans sa vie y sont exprimés, et il y est prié pour tous les besoins et toutes les circonstances de l’existence. Dès son plus jeune âge, David connut l’adversité et il traversa de nombreuses épreuves. Il se tourna constamment vers Dieu, pour survivre, ce qui est un enseignement essentiel, pour toute l’Humanité.

 

A Chavouot, le peuple juif lit le Livre de Ruth, arrière-grand-mère du roi David. Ruth, venait des Nations, et même des Moabites, qui étaient hostiles à Israël (il était même interdit de se marier avec un homme de Moab).

 

Les Maîtres d’Israël donnent, au choix de cette lecture, de très nombreuses raisons qui sont riches d’enseignements extraordinaires pour nous tous, Juifs et Bnei Noa’h. Dans le site de Torah-Box, le Rav Dayan cite vingt de ces raisons, tirées de l’introduction du Mé'am Loez sur le livre de Ruth, pages 3-5 (https://www.torah-box.com/question/chavou-ot-pourquoi-lire-la-meguilat-ruth_29682.html). Nous en reprendrons, ici, seulement quelques-unes :

 

« La Torah ne peut résider que chez ceux qui se suffisent de peu et qui sont reconnaissants envers Dieu pour toutes choses, comme Ruth.

 

De plus, elle a montré son attachement et sa fidélité, y compris dans les périodes les plus difficiles. Parfois, la lumière de la Torah ne nous est perceptible qu’au moyen de certains sacrifices de notre part. Ruth dut s’attacher à Dieu dans bien des difficultés, mais elle a toujours tenu bon.

 

Cela nous montre aussi que, même si une personne n’a pas grandi dans un milieu favorable à l’accomplissement des Commandements de Dieu, il n’est jamais trop tard pour bien faire.

 

Et que cet accomplissement doit être fait d’une manière désintéressée, comme tout ce que Ruth faisait pour sa belle-mère, Naomie, d’une façon extraordinaire.

 

On voit d’ailleurs, par sa vie, à quel point Dieu nous récompense et nous bénit ensuite, déjà dans ce monde, et bien sûr dans le monde à venir. Et c’est par notre fidélité que nous mériterons la venue du Machia’h (le Messie) et la Délivrance Finale, comme Ruth a mérité d’engendrer le roi David et, au-delà de lui, le Machia’h, qui sera descendant de David.

 

Ruth, venue des Nations, s’est convertie. De même qu’Yitro dont, de façon extraordinaire, le nom a été donné à la paracha-même du Don de la Torah ! Ce qui montre l’importance et la place indispensable des Nations dans les Projets de Dieu. »

 

Car chacun reçoit la Torah et sert Dieu en fonction de l’identité que Dieu lui a donnée. Nous recevons la Torah tous ensemble, chacun pour sa part. Et nous sommes appelés à servir Dieu ensemble, chacun à la place que Dieu a voulue pour lui.

 

 

 

Comment les Bnei Noa’h peuvent-ils s’associer à cette Fête et la marquer ?

 

Les Bnei Noa’h n’ont aucune obligation. Mais, s’ils le souhaitent, ils peuvent lire la paracha du Don de la Torah (paracha de Yitro : Chemot, Exode 19 et 20), ainsi que le livre de Ruth (cf ces deux Textes, ci-dessous).

 

Il est aussi possible de lire des Psaumes d’autant plus que, ainsi que nous l’avons dit, le roi David est né et a quitté ce monde, le jour de Chavouot. Nous proposons, ici, les Psaumes 113 à 118. Nous y ajoutons le Psaume 119, remerciement à Dieu pour Ses Commandements, et expression de notre amour pour Sa Loi.

 

On peut aussi raconter des histoires du Baal Chem Tov, le fondateur du mouvement ‘hassidique, puisqu’il a aussi quitté ce monde pendant la Fête de Chavouot. (On peut trouver de très nombreuses histoires dans le site Chabad.org, à la rubrique « histoires du Baal Chem Tov).

 

Dans certaines traditions juives, on mange des produits lactés (gâteaux au fromage, pâtes au fromage, couscous au beurre…) Cette coutume viendrait du fait que la Torah est comparée au lait.